La Petite Jauce et Amirando

Association pour la défense de la vallée de la Petite Jauce, ASBL

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Fauchage tardif à Orp-Jauche

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Geoffrey Fadeur (Scientifique à l'ULB et membre du comité de la Petite Jauce) a entrepris de réaliser un inventaire floristique et entomologique sur le territoire de l'entité d'Orp-Jauche en vue de mettre au point un plan permettant d'adapter le fauchage tardif actuellement mis en place afin de favoriser le développement de certaines espèces animales ou végétales intéressantes ou en voie de disparition. Des pièges à insectes (placettes) ont été disposés en des endroits précis le long des routes de l'entité afin d'estimer les populations d'insectes y vivant actuellement. (Pour plus d' informations, vous pouvez consulter l'article détaillé de Geoffrey Fadeur ci-après).

 

Geoffrey Fadeur,

en plein exposé didactique sur la flore locale

 (photo André Lannoye - Vers l'avenir)

Pour tout renseignement concernant ce projet, vous pouvez contacter Geoffrey Fadeur au 0479 32 63 95 ou via le lien suivant : .

 

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En Wallonie, plus de 2000 relevés botaniques ont été réalisés sur les bords des routes dont la superficie totale est double de celle occupée par les réserves naturelles officielles. Ces inventaires ont révélé la présence d’au moins 705 espèces végétales différentes, soit environ 50% des espèces végétales observées naturellement sur le territoire wallon. Parmi celles-ci, 52 espèces sont protégées par la loi.

Mis en évidence depuis une trentaine d’années par un nombre élevé d’auteurs, le rôle écologique des espaces verts routiers est lié au fait que, malgré leur origine généralement artificielle et les activités d’entretien dont ils font l’objet, ces milieux sont soustraits au système de production intensive agricole. Echappant aux influences drastiques de la fertilisation et des traitements herbicides qui uniformisent l’écosystème et banalisent les espèces, la flore est conditionnée principalement par la nature de la roche-mère et du sol, le climat régional et local, la production et la dissémination des graines et les techniques d’entretien.

En relation avec leur caractère à la fois linéaire et extensif, les espaces verts routiers fonctionnent comme corridors biologiques ou comme relais établissant la liaison entre les écotopes semi-naturels insulaires dans le paysage agricole intensif ou urbanisé et permettant la dispersion des plantes et des animaux. Eléments du maillage écologique, ces espaces verts jouxtant les voiries apparaissent d’une part comme des habitats nouveaux par rapport au paysage écologique précédant l’aménagement de la route ; d’autre part, ils représentent des écotopes de substitution en offrant refuge à la flore et à la faune sauvages en constante dépréciation spécifique.

Une des Placettes, piège à insectes permettant d'en estimer la population

 (photo André Lannoye - Vers l'avenir)

L’abandon des pratiques ancestrales, l’uniformisation des techniques d’entretien, une période et un nombre de répétition de fauche non adaptés au maintien de la diversité et de la densité spécifique sont autant de raisons expliquant ce déclin. Les milieux semi-naturels encore existants en Belgique sont dans des conditions particulièrement défavorables au maintien de leur biodiversité. Les sols sont saturés en éléments nutritifs. Les fertilisants agricoles ainsi que l’azote atmosphérique sont les responsables de l’eutrophisation des sols, provoquant la détérioration de la diversité floristique.

Des auteurs mettent en évidence la décroissance significative de la rareté spécifique lorsque la fertilité des stations augmente. Il paraît évident que la diversité floristique et la succession de milieux variés permettent aux insectes une continuité de développement en assurant une meilleure coïncidence spatio-temporelle avec leur nourriture.

Indissociable de la flore, la diversité et la densité spécifiques de l’entomofaune décroissent et laissent place à un déséquilibre biologique favorable au surcroît des populations d’insectes banales et ravageurs. Il apparaît nécessaire de focaliser la gestion restauratrice de la flore antérieure à la Politique Agricole Commune sur des techniques qui assurent une importante exportation d’éléments nutritifs. Le fauchage réfléchi combiné à l’enlèvement des produits de la fauche constitue la technique de gestion des dépendances vertes des abords routiers, la plus à même de restaurer et de maximaliser la biodiversité de la flore et de la faune.

C’est dans cette optique qu’une convention d’étude, entre les autorités communales d’Orp-Jauche et notre association, est entrée en vigueur depuis la mi-mai 2005 et ce jusqu’en 2010. La flore et l’entomofaune des bords des routes communales seront appréciés avant et après proposition d’une nouvelle gestion plus salutaire pour notre patrimoine naturel.

Mais où sont-ils tous passé ?

La réponse est simple ;

 trop d’insecticides, peu de fleurs, peu de nourriture d'où disparition des papillons.

Notre commune présente la particularité de posséder un maillage écologique dense au sein d’un paysage dominé par les activités agricoles. L’importante diversité autochtone de phytocénoses dispersées sur les huit villages qui composent la commune, constitue un ample réservoir de semences. Cette particularité en fait une importante zone de refuge pour la faune et la flore du district phytogéographique brabançon. De plus, le territoire communal de Orp-Jauche a la singularité de reposer sur trois types de substrats lithologiques. Des limons forment, pour la majeure part de la commune, la couche édaphique superficielle ; tandis que plusieurs affleurements calcaires et siliceux sont à signaler.

Une flore et une faune particulière en voie de raréfaction se développe sur ce type de milieux, et il apparaît urgent des les localiser afin de mieux les préserver. D’autre part, nos bords de route actuels sont dominés par la présence de plantes très concurrentielles (fromental, berce, ortie, pissenlit, dactylis,…) au détriment des plantes à fleurs bien plus attrayantes pour les insectes et les yeux du citoyen.

Mieux faucher c’est la solution !

© Geoffrey Fadeur


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